LA FEE NENE : Question rituelle : qui êtes-vous, quelle place occupez-vous au sein du groupe ? CRIA CUERVOS :Thé : batterie, Isa : chant guitare, Géraldine : chant basse.
On est un groupe " Do it yourself ", puisqu'on s'occupe nous mêmes de notre site web, de la promo du
groupe, de la distribution de nos CD, et de la recherche des dates de concerts.
LFN : Histoire de mieux vous cerner, quels sont vos goûts musicaux, littéraires, cinématographiques ?
Thé : Pour les goûts musicaux : Propagandhi, Good Riddance, Avail, Pennywise, ... dans les groupes actuels, et Rip, Cicatriz, Eskorbuto, Kortatu, Dead Kennedys, ... pour les groupes qui n'existent plus.
Littérature ? des classiques : Boris Vian, Malraux, Shakespeare ...
Cinéma ? A. Hitchcock, H.G. Clouzot, F. Truffaut, W. Allen, P. Almodovar, S. Lee, et plein d'autres, j'en oublie
sûrement... Isa : même goûts musicaux que Thé. Pour le Cinéma : Bergman, Kurosawa, Lee, Truffaut
peut-être principalement. En tant que cinéphile, c'est dur comme question. Evidemment pleins d'autres mais
je pense sur des films plus ponctuels.
Pour la Littérature: Faulkner, Vian, Shakespeare, Dostoïevski. Géraldine : Pour ce qui est du punk hard core, Conflict, Crass pour la musique et la démarche
constructive, Dead Kennedys, Kortatu, Bikini Kill, Bérurier Noir, Les Brigades,… Je suis aussi une fan d'Edith
Piaf et de Frehel
En littérature : Emma Goldmann, Albert Camus, Victor Hugo, Georges Orwell, des auteurs de polars comme
Caleb Carr ou Siniac et pas mal de littérature par ou sur les Amérindiens.
En cinéma : Audiart, Clouzot, Stanley Kunbrick, Jim Jarmusch.
LFN : Quelle est la signification du nom du groupe ? CC: Cela vient d'un proverbe espagnol qui dit " Cria Cuervos y te sacarán los ojos ",
ce qui veut dire " Elèves des corbeaux et ils t'arracheront les yeux ". L'idée, c'est qu'on est souvent payé
par de l'ingratitude. Essayer d'éduquer les gens, et de leur faire prendre conscience de certaines choses,
n'est pas forcément payant. Il faut s'acharner ... " Cria Cuervos " est aussi un film du réalisateur espagnol
Carlos Saura, qui aborde le thème de l'éducation de 3 orphelines, dans un milieu bourgeois, sous Franco,
avec la célèbre chanson " ¿ Por qué te vás ? ".
LFN: Isa est-elle la seule à l'origine de l'influence espagnole du groupe ?
CC : Non, Isa et Thé sont soeurs, et espagnoles toutes les deux.
LFN: Parlez-nous des groupes dont vous êtes issues...
En quoi cette formation musicale influence-t-elle CRIA CUERVOS ? T : Isa et moi avons formé Ahorcados. La formation du groupe a changé 2 fois. Et c'était à chaque
fois des formations mixtes. On a appris à jouer pendant cette période, à connaître la scène punk en France,
et surtout parisienne, et les gens qui la peuplent. On a mûri et ouvert les yeux. On est passé d'un rôle passif
de public, à un rôle actif de musiciennes, et organisatrices de concerts. Même si Ahorcados reste pour nous
un bon et un moins bon souvenir, on ne regrette rien, car c'était une étape nécessaire à notre maturité. Je
pense que cette maturité on l'a toutes les 3 dans Cria Cuervos. Géraldine : Je joue dans Kochise depuis sa formation en 1988. Depuis le début c'est un groupe qui n'a de
cesse de se positionner et de perpétuer une démarche " Do it yourself " que ce soit au niveau de l'autoproduction
de disques au profit de diverses organisations auxquels le groupe a pu participer musicalement ou plus
activement ou des relations interindividuelles. Cette démarche est celle dans laquelle je suis engagée et je
la vis aussi dans Cria Cuervos ou dans Turtle Ramblers un autre groupe dans lequel je joue d'un style
complètement différent (garage folk), mais dans le même état d'esprit.
LFN: Quels groupes vous ont le plus influencées au niveau de la composition musicale ?
CC :Des groupes ou chanteurs engagés pour l'écriture des textes, et des groupes
Punk rentre dedans (toujours engagés) pour la musique. Pour la plupart, on les a déjà cité plus haut.
LFN: Parlez-nous de votre discographie, du merchandising... SOAP OPERA est-il autoproduit ?
CC : Notre première vraie production date de l'an passé, c'est notre CD 9 titres
" Soap Opera ", qu'on a entièrement autoproduit. C'était ce qu'on voulait. On a aussi des T.Shirts,
qu'on distribue nous mêmes en concerts, et aussi via Goéland productions.
LFN: Pourquoi ce jeu autour des " Drôles de dames " ? Qui est alors Charlie ? CC : C'est une série qu'on regardait toutes les 3 quand on était petites. Jill, Sabrina et Kelly
étaient parmi les premières militantes MLF vues à la TV. Qui est Charlie ? Si tu as vu la série, tu sais que
personne ne l'a vu, ou alors peut être Bosley... Cela reste un mystère... mais on continue d'enquêter pour
le découvrir !
LFN: Pourquoi le choix d'un groupe 100% féminin ? CC : On se connaissait toutes les trois, et on partageait les mêmes idées. Donc,
c'est principalement un choix de personnes, mais l'idée d'un groupe entièrement féminin nous plaisait bien.
Pour certaines d'entre nous on aurait sans doute pas refait de groupes dans une formation mixte. Question
d'affinités et de motivations...
LFN: Pourquoi mélanger les trois langues, français, anglais, espagnol, dans vos textes ? CC : On les parle toutes les trois, et comme çà on fait passer nos messages à plus de gens. Non par désir
d'expansionnisme, mais plutôt de communication.
LFN: Pourquoi être passées dans Tracks (je ne sais plus comment ça s'écrit...) ? CC : çà s'écrit bien comme çà. Ils recherchaient des groupes engagés pour un sujet,
et on nous a proposé d'y participer. C'est une bonne émission musicale.
LFN: Un petit mot sur les concerts à votre actif ? De tous ceux-ci, lequel vous a le plus plu ? T: On en a pas encore des tonnes, mais pour moi j'ai une préférence pour le concert
qu'on a fait à la Pêche en octobre dernier, avec Mascarade, et Brigada Flores Magon. Un bon souvenir
intergroupe, et puis on a bien ri pendant les séances photos en backstage.
LFN: De plus en plus, j'entends dire que les concerts libertaires deviennent de plus en plus
" intolérants " dans le sens où les pogos sont vus d'un mauvais oeil, qu'on y interdit de " danser librement ".
Et oui, c'est la réflexion à la mode. Qu'en pensez-vous ? CC : Pour un groupe comme nous qui prône le respect maximum d'autrui (sauf si
cet autrui est lui-même irrespectueux) on ne peut pas cautionner une danse violente qui cantonne certains
membres du public (notamment des filles) au fond de la salle ou sur les côtés. Danser librement ce n'est pas
se bastoner, on ne sait pas dans quelle série B tous ces keums ont vu que le punk c'était ça, mais faudrait
qu'ils voyagent un peu pour s'ouvrir l'esprit , parce que ce n'est pas ça…
LFN: Avez-vous eu parfois l'impression de jouer devant un public machiste ? CC : Jamais tout le public, mais il y'en a toujours. Dans le punk le sexisme est très
peu souvent abordé et quand c'est le cas, ça dérange pas mal. Un mec qui nous avait vu à Troyes, qu'on a
revu après, nous a dit une phrase du genre " c'est bien ce que vous faites, mais tous les trucs sur les
gonzesses là… "
LFN: Pensez-vous que la scène hardcore est un peu sexiste ? CC : C'est la continuité de la question d'avant. Nous vivons dans une société
patriarcale et aucune scène musicale ou autre n'y échappe. L'antifascisme est souvent revendiqué dans
le punk -hard core (enfin pas toujours, à voir la mode de l'apolitisme dans ces scènes, une bande de beaufs
qui pour ne pas s'appeler comme ça se sont trouvés un terme : " apolitique ", comme si c'était possible…),
mais il reste cantonné à la lutte contre l''extrême droite, symbolisée par les skinheads, donc réducteur, alors
que le programme de ces partis ou groupuscules est profondément sexiste.
Plus concrètement, on a souvent vu l'attitude curieuse face à nous : est ce qu'elles savent jouer ? Peuvent
elle faire la même musique que les mecs ? Arriveront-elles à porter l'ampli si lourd ? Voilà les questions que
se posent ceux qui pensent que le punk hard core est pour ceux qui en ont. Tant pis pour eux...
LFN: Pourquoi, à votre avis, y a-t-il si peu de femmes dans le milieu hardcore, je parle
au niveau des formations musicales ? Voyez-vous une évolution à ce phénomène ? CC : Chez les hommes comme chez les femmes, on relationne la musique speed et
violente au sexe masculin. C'est plus " normal ", moins choquant que ce soit un homme et pas une femme
qui la joue. Derrière tout ça il y'a tout un mode d'éducation à faire évoluer par rapport au rôles attitrés
féminins ou masculins. C'est purement une attitude conformiste qui se perpétue : " pourquoi changer les
choses ? çà a toujours été comme çà... ". C'est un peu comme le végétarisme et la " théorie " de l'homme
" animal carnivore ". L'homme est soi-disant depuis toujours un animal carnivore, alors même s'il y a
surproduction de viande, gâchis, et violence dans les abattoirs, il ne faut pas changer sa nature ...
C'est du conformisme. Une évolution à çà ? Il faut que les gens aient envie de changer les choses, et ne
se complaisent pas dans ce qui existe actuellement.
LFN: Pour vous, où commence une injure sexiste ? T : On est injuriée par un regard mal placé, des mots, un grognement, un sifflement ou
autre... d'un mec dans la rue, qu'on ne connaît pas.
LFN: Que reste-t-il à faire, concrètement, en matière de féminisme, de lutte pour la
reconnaissance du statut égalitaire de la femme ? CC : Il faut continuer à se battre, malheureusement, pour les acquis car sinon ils
nous voleront ça aussi ! Pour le reste il faut, aussi, que l'on cesse de se voir à travers le regard de l'homme.
Cela dit c'est une question qui mérite un bouquin pour réponse et là si on se lance… Il y en a un d'ailleurs
très bon sur le sujet d'une américaine du nom de Susan Faludi au titre de " Backlash ".
LFN: Que pensez-vous des militants pro-life ? I : Ces gens-là m'enragent. Je ne supporte pas les gens qui s'immiscent dans la vie privée
d'autrui, encore moins ceux qui prétendent décider, choisir pour autrui. T : Encore plus sur ce sujet, il n'y a rien de plus personnel. G : L'extrême droite religieuse a toujours voulu régenter le privé pour mieux contrôler
l'individu et pouvoir imposer un système totalitaire. Aujourd'hui ils représentent toujours un danger.
Sachez qu'à Paris ils manifestent régulièrement devant des cliniques qui pratiquent les avortements. Des
contre manifs sont organisées, n'hésitez pas c'est assez jouissif de lancer des œufs pourris ou des tomates
sur leur tronches béatifiées.
LFN: Que pensez-vous de l'industrie du X ? T : Ce qui est industriel est forcément moins bon. Pas d'intérêt. I : Ça ne m'intéresse pas. J'ai un copain et je suis SXE G : C'est le témoignage de toutes les frustrations accumulées par des centaines
d'années de morale judéo chrétienne et musulmane. La jouissance devant un enchevêtrement de bites,
de clitoris et de culs et de plaisir simulé n'est sûrement pas la preuve d'une sexualité et de relations humaines
épanouies…
LFN: " Trêve de comptoir ", est-ce une expérience vécue ? CC : Non - Mais sinon on aurait certainement aussi foutu le feu au bar.
LFN: Que pensez-vous des chiennes de garde ? I : Ce devrait être un mouvement qui concerne plus de femmes G : Cette lutte est indispensable actuellement, car par exemple la publicité n'a jamais
autant utilisé le corps de la femme contre elle même. Pour vendre du parfum, des bagnoles ou je ne sais
quoi encore, on montre des femmes frappées et on réduit leur corps à leur cul. C'est de la vraie violence,
on appelle ça chez les publicitaires, le " porno chic ". Mais la lutte des Chiennes de Garde mérite aussi une
aile plus radicale…
LFN: Quel est votre engagement au niveau des prisonniers politiques ? De l'abolition
de la peine de mort ? Que pensez-vous du FLIDD ? CC : Nous sommes contre la peine de mort, d'ailleurs nous avons 2 chansons en rapport,
pour la même raison que ce qu'on pense du mouvement pro-life : tu ne peux pas décider pour un corps et
une vie qui n'est pas la tienne. Pour les prisonniers politiques, nous soutenons leur cause tant que celle-ci
nous semble juste et ne convertit pas en intolérance aussi et en oppression.
LFN: Etes-vous végétariennes ou vegan ? Pourquoi ce choix ? Thé : On est toutes les 3 végétariennes parce qu'on est contre le fait de tuer des
animaux pour manger. Aujourd'hui, ce n'est pas nécessaire, donc le faire gratuitement c'est un crime, à plus
forte raison quand les animaux sont tués brutalement dans les abattoirs, et qu'une surproduction de viande
oblige souvent les producteur à jeter un tas de cadavres à la poubelle. D'autre part, le régime végétarien est
complet, et plus sain que le régime à base de viande, qui contient plus de matières grasses non nutritives.
Le régime vegan a plus de carences au niveau nutritif, et demande beaucoup plus d'attention pour bien
s'alimenter.
Je trouve vraiment dommage et contradictoire aussi que des gens qui se positionnent pour des causes
humaines comme l'antiracisme, l'anti-sexisme, l'anti-fascisme, ne prennent pas aussi conscience
de l'injustice et même de l'inhumanité de manger de la viande. Pour nous, c'est une conviction, aussi forte
que les autres causes pour lesquelles on se bat. Beaucoup de gens n'ont pas envie de changer leur mode
d'alimentation simplement par conformisme, et d'autres parce que qu'ils considèrent qu'un animal n'équivaut
pas un être humain, même s'il souffre et éprouve un tas d'autres sentiments. On a un petit pincement au coeur
quand on pense qu'il existe aussi de ces personnes parmi nos proches : famille, amis ... Mais on a compris une
chose : on ne force pas la conscience des gens.
LFN: Que pensez-vous du phénomène de malbouffe ? CC : Il se répand dans tous les pays. La cause : conformisme et fainéantise et
libéralisme. Du coup, recrudescence de MacDo, et autre Quick, du prêt à manger , belle image impérialiste
qui s'impose sur toute la planète. C'est la conséquence de la surproduction par tous les moyens, qui entraîne
régulièrement le retrait d'aliment du marché et de façon plus insidieuse le développement de maladies comme
les maladies cardio-vasculaires. Il est tant que le bio ne soit plus un luxe !
LFN: Je vous ai souvent vu maquillées... Que pensez-vous de la vivisection en matière de cosmétique ? CC : Tu imagines bien que nos cosmétiques comme notre alimentation est choisie
avec grand soin. On prend soin d'acheter notre maquillage chez des marques qui se positionnent contre
l'expérimentation animale, on peut en trouver la liste sur des sites de libération animale et de lutte contre
la vivisection (par exemple : www.onevoice-ear.org) Notre position contre la barbarie qu'est la vivisection
ne se limite pas aux tests cosmétiques.
LFN: Avez-vous des animaux ? CC : Isa et Géraldine ont des chats.
LFN: Y a-t-il d'autres causes pour lesquelles vous vous investissez ? CC : Féminisme, pro-végétarisme et libération animale, antiracisme, anti-fascisme,
anti-peine de mort et soutien aux prisonniers. C'est déjà pas mal, non ?
LFN: Quel peut être le poids d'un groupe dans la révolution sociale ? En quoi un groupe
engagé politiquement peut-il contribuer au réveil des consciences individuelles ? Isa : Pour en revenir au végétarisme, surtout en ce moment de " psychose "carnivore, je
crois que le fait de l'être, bien portantes, actives, peut convaincre des gens mal informés. G : La musique est un bon support de message, bien sûr pas au même titre que la littérature
qui creuse les sujets. Mais elle doit être plus que ça pour être élément d'une révolution sociale ou tout
simplement de changement. Beaucoup de gens allaient voir Léo ferré chanter " Les Anarchistes ", ça se
saurait si ils l'étaient aujourd'hui. Les multinationales de la musique s'accommodent bien de groupes qu'elle
produisent qui incitent à l'émeute, du moment qu'ils rapportent… Pour être constructive la musique doit aussi
s'établir sur des bases de respect individuel entre groupe, organisateurs, public et établir ses propres réseaux
de distribution ou production, bref construire une alternative.
LFN: Comment arrivez-vous à concilier CRIA CUERVOS, KOCHISE et le fait qu'Isa soit sur
Madrid ? Cela doit freiner un peu les projets ? CC : Kochise et Cria Cuervos ne se marchent pas du tout sur les pieds, on arrive à
faire les deux sans problème. C'est sûr que le fait qu'on soit pas toutes les 3 au même endroit nous ralentit
un peu parfois, mais çà va changer à partir de l'année prochaine. On arrive quand même à s'organiser de mini
tournées. L'important c'est d'être motivées.
LFN: Géraldine, comment s'est passé la tournée en Italie avec KOCHISE ? G : Une tournée c'est toujours l'occasion de rencontres et de découvertes d'espaces
alternatifs. Ca permet quand on ne se contente pas de jouer, boire et prendre la thune de construire un
réseau relationnel. Cette fois c'est la première fois qu'on descendait aussi bas en Italie et on a pu visiter
Pompéi, impressionnant. Sinon, l'atmosphère au Nord m'a paru assez inquiétante, beaucoup de fascisme
dans l'air. D'ailleurs, le gouvernement italien en a montré la preuve y'a pas longtemps à Gênes…
LFN: Parlez-nous d'HORCA. Faites-vous toutes parties de l'association ? Quel est son but ?
Sur quels critères se fait le choix des groupes que vous faites jouer ? Etes-vous autogérées ? CC : Oui, maintenant on en fait partie toutes les 3, avec d'autres gens qui nous
filent un coup de main. Le but de l'asso c'est de faire des concerts de qualité sans que l'entrée soit chère.
Faire bouger les choses, et essayer de faire prendre conscience aux gens que payer 100 F pour un concert,
c'est trop, et que les groupes ne sont pas des marchandises. Tout un programme ... On fait jouer des groupes
qu'on aime, et souvent qu'on écoute. Et bien entendu, on est une asso entièrement autogérée, comme d'habitude.
LFN: Appartenez-vous à un collectif politique ? I : je suis mon propre parti. G : J'ai adhéré pendant longtemps à une organisation anarchiste, (pas à un parti et
ce n'est pas prêt d'arriver…) pour l'instant ce n'est pas le cas mais mes idées restent les mêmes bien sûr…
Sinon je suis investie dans un collectif de soutien aux prisonniers politiques et dans des associations de
solidarité avec les immigrés ou de solidarité avec les luttes amérindiennes. Voilà en ce moment…
LFN: Pour vous, quelle est la définition du minimum vital ? CC : Tout le monde sur le même pied d'égalité et en finir d'avoir à se contenter
des miettes que veut bien nous laisser le système libéral pour qu'on ne fomente pas de révoltes
(voir RMI, SMIC et autres sois disant minimum pour ne pas crever la dalle, et pouvoir bien sûr acheter
à crédit la production des multinationales).
LFN: Quels sont les festivals que vous conseilleriez ? CC : Le Ladyfest auquel on participe cette année. Il se déroule à Glasgow et est
organisé essentiellement par des femmes, pour promouvoir la Femme. Ouvert à tous. Et puis aussi le festival
" Todo es ", auquel on a participé l'an passé. Très bien organisé, et bonne mentalité.
LFN: Quels sont les projets de CRIA CUERVOS ? CC : Quelques concerts par ci par là pour l'instant et composer afin d'élargir notre
répertoire, et stocker des morceaux pour un prochain enregistrement.
LFN: P'tit mot d'la fin ? Merci ! CC : Merci à toi Audrey, et reste la même.