Interview "MAXIMUM ROCK'N'ROLL" - #241 - Juin 2003
(Traduction française).

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MRR : Qui êtes vous ? d’où venez vous ? Que signifie Cria Cuervos ?
Géraldine : Je suis bassiste chanteuse. Je suis passée de la campagne à la banlieue parisienne, d’un local de répétition entouré de vaches à un autre entouré de voies ferrées et de routes. Et avant de vivre l’idylle avec ces deux filles là, je jouais et joue encore dans Kochise, un groupe anarcho-punk, et je joue aussi dans Turtle Ramblers (un groupe « garage country against cowboys »)
Teresa: Je joue de la batterie. Auparavant j'ai joué avec Isabelle dans Ahorcados, un autre groupe punk-rock qui a splitté il y a quelques années. "Cria Cuervos" signifie "Elève des corbeaux", cela vient d'un proverbe espagnol qui dit "Elève des corbeaux et ils t'arracheront les yeux". Un charmant proverbe sur l'ingratitude. C'est aussi un film du réalisateur espagnol Carlos Saura, qui raconte l'histoire de 3 petites filles, sous Franco, période du fascisme en Espagne.
Isabelle: Nous sommes des Extra-terrestres venues de l'Espace.

MRR : Pourquoi avoir choisi la formule du trio, et uniquement féminin ?
I: Thé et moi étions dans un groupe mixte avant Cria Cuervos et on a finallement splitté parce qu'on ne s'entendait plus dans le groupe. Nous avons décidé alors que si nous avions à refaire un groupe un jour ce serait avec des amis ou avec des gens avec qui nous sommes sur la même longueur d'onde et que nous apprécions. Nous connaissions Géraldine depuis un moment déjà et nous l'aimions beaucoup pour son état esprit, son caractère ... Alors on est tombées toutes les trois d'accord pour former Cria Cuervos de façon très naturelle.
G: Le trio, c’est un hasard, en fait le strict nécessaire : guitare, basse, batterie. Mais, uniquement féminin, parce qu’on le voulait toutes les trois ; faire un groupe de filles et en plus toutes les trois, parce qu’on s’aime !
T: Nous sommes ce que l'on aime : les trios puissants et puis nous trois !

MRR : Vous considérez vous comme un groupe de Riot Girls ?
I: Personnellement, je n'aime pas trop les étiquettes, c'est trop simpliste pour être complètement vrai, mais on se bat aussi fort que possible pour ce à quoi on croit, alors dans ce sens je pense qu'on peut dire qu'on est des Riot girls.
G: Cette appellation n’a pas vraiment de sens en France, parce qu’il y’a encore trop peu de groupes HC, punk ou pop 100% féminins. Mais si ça veut dire un groupe de filles vindicatif, qui crache à la gueule des machos, sexistes, virils, alors oui on est un groupe Riot Girls. Comme je disais, dans ce pays, y’a encore trop peu de nanas sur la scène, ou si peut-être pour la décoration dans certains styles musicaux. En fait ceci se retrouve dans tous les secteurs artistiques. Les femmes sont rarement entrées dans l’histoire artistique des pays, on les préfère à la maison pour tester le dernier plat qui cuit en 7 minutes pour toute la famille. L’Histoire est écrite par les hommes aussi, donc rien d’extraordinaire... Ces jours-ci sur les murs de Paris et sa banlieue, y’avait une pub sur ce qui fait courir les blondes et les brunes, un plat cuisiné en 7 minutes, le commentaire : « 7 minutes d’intelligence par jour » : No comment. Alors, face à ça et tout le reste, angry girls et riot girls, c’est clair. T: Je pense que l'appellation « Riot Girls » correspond plus à la scène anglo-saxone. En France nous sommes simplement un groupe punk-HC féminin avec une implication politique et sociale.

MRR : 2 ans après, quel regard portez-vous sur votre premier album ?
I: Nous étions plutôt satisfaites quand il est sorti et je pense que c'est un premier album très correct. Maintenant nous voulons bien sûr aller de l'avant et faire quelque chose de plus complet. Nous n'avons pas beaucoup de temps pour composer et répéter, malheureusement ...
G: Un condensé de tout de qu’on avait envie d’exprimer, autant musicalement qu’en terme politique. Et là, il est temps qu’on détaille un peu plus tout ça...
T: Je suis plutôt contente de ce premier CD, nous avons parlé de sujets qui nous faisaient réagir : l'expérimentation animale dans « Espèce Humaine ? », la peine de mort dans « Playing God », les guerres dans « Purgatorio », le sexisme dans « Trève de comptoir », etc ... Quand tu as un regard critique sur le monde qui t'entourre, la sortie d'un album te permet de dire ce que tu penses de telle ou telle chose, de partager ton opinion avec des gens qui t'écoutent. Nous sommes actuellement en train de bosser de nouveaux morceaux, certains des sujets précédents sont de nouveaux abordés : les femmes (prostitution, violence conjugale), mais il y a aussi de nouveaux sujets comme la real TV par exemple, et ce n'est pas fini ! On travaille encore dessus.

MRR : Vos tournez peu actuellement. Pourquoi, et cela vous manque t-il ?
I: Je vis en Espagne et les filles vivent à Paris, c'est difficile de se voir sur de longues périodes pour répeter et tourner à cause de nos jobs, de plus Thé a des problèmes de santé avec son épaule, et on a du annuler quelques concerts, elle sera totalement remise bientôt on espère. çà nous manque beaucoup...

MRR : Vous venez de sortir un split CD avec Propagandhi. Comment a eu lieu la rencontre ?
I: Nous connaissions la musique de Propagandhi et leurs activités depuis longtemps et nous étions fans. On organisait des concerts avec notre association Horca, et nous avons organisé un concert à Paris pour eux il y a quelques temps, c'est là que nous les avons rencontrés et qu'on a pensé sortir quelque chose avec eux, vu que nous étions très proches d'eux de part nos idées.
T: Diabolik records voulait sortir un split avec Cria Cuervos et un autre groupe, et nous avons immédiatement pensé à Propagandhi. Nous avions exactement les mêmes idées sur beaucoup de sujets politiques et sociaux, y compris sur la discrimination des femmes et la libération animale. On leur a demandé, et on a été super contentes quand ils nous ont dit qu'ils étaient partants pour faire ce CD avec nous. Je suis particulièrement fière de partager ce disque avec eux, parce qu'ils sont vraiment gentils, et ils se soucient réellement des autres, et en plus on aime leur musique. Donc c'était génial.

MRR : Prévoyez-vous d’enregistrer un nouvel album ?
I: Pas pour le moment, on espère être en mesure d'enregistrer quelque chose en fin d'année ou l'année prochaine.
T: On bosse de nouvelles chansons pour le moment, et dès qu'on en aura suffisemment, on pensera bien sûr à un nouvel album, mais cela prend du temps ...

MRR : On a pu vous entendre dans diverses compilations, en soutien à différentes causes. Qu’est ce qui motive vos choix ? Avez vous déjà refusé de donner un titre pour une compile ?
I: En général, on connait les assos qui décident de sortir un disque de soutien. Si ce n'est pas le cas on essaie de mieux connaitre l'asso et voir quelq groupes participent. Oui, on a déjà refusé de participer à quelques compilations souvent parce qu'on avait pas assez de morceaux
G: On choisit de participer à une compil en fonction de son thème, femmes, solidarité avec les prisonniers, antifascisme, libération animale. On demande aussi avec quels groupes on est associés, car on refuse d’être sur la même compil qu’un groupe dont on rejette l’attitude ou des textes qui iraient contre nos propres idées.

MRR : Vous êtes catalogué groupe politiquement engagé. Qu’en pensez-vous ?
I: Comme je l'ai dit auparavant, les gens aiment bien cataloguer les autres dans un style particulier ou dans un groupe, et je comprends que l'on ai envie d'avoir une idée globale sur ce dont il s'âgit, effectivement on se sent concernées politiquement puique que nous sommes impliquées dans certaines idées et actes politiques. On se préoccupe du monde dans lequel on vit et des êtres avec qui on partage cette planète.
G: Pour ma part, je le revendique. Ceux pour qui ça sonne mal, je les emmerde. On a les moyens d’exprimer nos idées et nos émotions, pourquoi s’en priverait-on. Il arrive qu’on nous reproche de trop causer sur scène, j’sais pas, on est là pour partager le moment non ? Après, je ne critique pas les groupes qui n’expriment pas leurs idées dans la musique. J’ai pu jouer avec des groupes qu’on disait politiquement engagés, mais dont l’attitude ne reflétait pas du tout le discours, disons que dans leur quotidien, ils s’assoient dessus ; les idées, c’est pour le style et ça, c’est pire que tout, être politisé pour la galerie et le style et concrètement vivre à l’opposé de ces mêmes idées. Bien sûr, personne ne peut prétendre vivre à 100% l’utopie à laquelle il aspire, mais bon essayer de s’activer le mieux que l’on peut, dans le respect mutuel...

MRR : Parmi les groupes que vous connaissez, lesquels vous semblent les plus proches de vos idées ?
G: D’autres groupes de nanas parce qu’elles peuvent se mettre dans notre peau et qu’on peut se mettre dans la leur.
I: Propagandhi, par exemple, sont vraiment proches de notre façon de penser et sont impliqués et concernés par beaucoup de "causes" pour lesquelles on se bat aussi. Il y a d'autres groupes avec lesquels on partage des idées politiques avec lesquels nous ne sommes pas d'accord sur la libération animale et le mode de vie végatarien/lien qui est essentiel pour nous trois.
T: Pour moi, ce serait un groupe qui rejoindrait notre façon de penser sur tous les sujets qui nous tiennent à coeur, ils sont tous aussi importants à nos yeux : anti-racisme, anti-fascisme, mais aussi anti-sexisme et libération animale, par exemple.

MRR : Y a t-il des « causes » prépondérantes selon vous dans la scène musicale internationale politiquement engagée, et des « causes » qui passent au deuxième plan ?
G: Déjà, il n’y a pas une scène musicale internationale politiquement engagée. Il y’a des groupes sur toute la planète qui dans différents styles expriment une révolte, des convictions, des idées, en fonction de leur propre expérience de vie. Maintenant si on parle de la scène punk-HC dans laquelle on évolue, ouais, dans nos concerts ou nos échanges, on sent bien que deux luttes passent plus mal que les autres, c’est le féminisme et la libération animale, faut dire pas très en accord avec la virilité ambiante et le sentiment de supériorité du male moyen. Mais je dois dire que c’est jouissif de voir un mec qui fait la gueule ou qui se tire quand on raconte l’histoire d’une serveuse/cowgirl qui a foutu le feu dans le bar où elle bossait par ras le bol de tous les connards qui l’insultaient ou la tripotaient.
I: Il y a des causes qui rassemblent tous les groupes comme l'anti-fascisme qui semble être le sujet "basique" de la scène Punk-Rock, et puis il y a des causes pour lesquelles on peut être sensible, mais qui sont considérées comme "personnelles" je pense, comme le féminisme : cela peut sembler étranger de chanter une chanson sur ce sujet quand on est un homme, mais logique quand on est une femme ..., la libération animale : cela ne changera pas le monde de se battre pour çà. D'autre part cela requiert plus d'énergie parce que très souvent cela signifie se battre contre soi-même et son stupide conformisme, et pas contre un autre.
T: Je suis d'accord avec Isabelle et Geraldine : deux sujets sont généralement en retrait : la libération animale et le féminisme.

MRR : Que pensez-vous des groupes qui se refusent à avoir un discours engagé ?
T: Ils font ce qu'ils veulent. Je peux juste dire que pour moi c'est essentiel de parler de problèmes qui me tiennent à coeur, et qui parfois ne sont pas très connus de la plupart des gens. Nous avons eu l'opportunité de jouer dans beaucoup de genres de concerts : des concerts à thèmes bien spécifiques comme le Ladyfest, qui est un festival sur les femmes, mais aussi dans des concerts où le public n'était pas spécialement concerné par nos sujets. C'est très interessant de parler de sujets que les gens ne connaissent pas très bien, et ensuite voir les gens après le concert venir en discuter avec toi. C'est très important pour moi de parler avec les gens. Pour moi, la musique est un moyen de partager certaines idées et pas juste jouer d'un instrument.
G: Je n’ai rien à dire à propos de ceux qui ne chantent que des chansons tristes ou d’amour. J’aime leur musique ou pas. J’adore Edith Piaf, on ne peut pas dire que c’était une chanteuse politiquement engagée, elle était elle même c’est tout. Par contre ceux qui passent leur temps à crier sous tous les toits qu’ils ne font pas de politique, bien au contraire, c’est carrément stupide, il feraient mieux de fermer leur gueule. D’ailleurs souvent ils traînent plutôt avec les personnes que je combats.
I: tu ne DOIS pas forcément être politiquement engagé si tu joues dans un groupe, et nous ne voulons pas imposer çà. On éspère surtout que les gens se sentent concernés par ce qui se passe dans le monde qui les entoure, même s'ils ne le crient pas haut et fort comme nous le faisons, tant que ce n'est pas du conformisme et de la peur qui détermine cet apolitisme.

MRR : Dans vos activités parallèles à Cria Cuervos, êtes vous impliquées dans des associations, des collectifs de soutien ? Lesquels ?
G: Je suis dans un infoshop libertaire à Paris, qui fait parti d’un centre de la solidarité où on trouve des associations de solidarité internationale, de femmes, de réfugiés politiques, collectif antifasciste, solidarité avec les immigrés, lutte des sans papiers, ... Sinon j’ai été ou suis membre de groupes anarchistes, antifascistes ou féministes. Plus ou moins l’un en fonction des moments. Parce qu’il y’a aussi les groupes et le boulot... La libération animale fait aussi partie d’une lutte au quotidien en essayant par exemple de sensibiliser à la souffrance animale les gens que l’on croise, notamment au végétarisme, parce qu’en France c’est assez récent qu’on ne nous regarde plus comme une curiosité quand on dit qu’on est végétarien.
T: Mon boulot me prend une grosse partie de mon temps. On organisait des concerts avec notre asso Horca. C'étaient des concerts « anti-commerciaux », avec un prix d'entrée peu élevé, et parfois les concerts étaient en soutien à d'autres assos. Géraldine organise encore des concerts de soutien, et il m'arrive de donner un coup de main, mais je voudrais avoir plus de temps pour m'impliquer dans une asso de femmes ou en soutien à la cause animale, qui sont des sujets moins "populaires" en tous cas aujourd'hui.

MRR : D’un point de vue musical, de qui vous sentez-vous les descendants : Clash, CRASS, Kortatu ... ? Et pour les idées ?
G: Musicalement, j’ai été très influencée par Conflict, Dead Kennedy’s, Kortatu (un groupe basque) et Camera Silens (un groupe punk français des années 80). Pour les idées et surtout la démarche politique, car ils ont appliqué leurs idées dans des projets concrets en parallèle au groupe, CRASS sans aucun doute.
I: Musicalement, je me sens être le produit des groupes Punk-Rock des années 80, basque, américain, anglais et français. En ce qui concerne les idées, Kortatu (pour la plupart), Bad Religion (ils ont été un des groupes qui m'ont motivé à faire de la musique).
T: Comme nous partageons la même enfance et adolescence, j'ai quasiment les mêmes influences musicales qu'Isa.


MRR : Quel regard portez-vous sur les U.S.A., en particulier par ces temps guerriers ?
G: : Vu d’ici les fondations, la construction même des USA semblent reposer sur le bellicisme. Un peuple doit prendre la place d’un autre, donc se défendre de ses probables protestations, ou du voisin qui veut la même chose à côté. Il faut donc se défendre. Aujourd’hui les médias dont le pouvoir grandit toujours et l’Etat utilisent toujours ce thème de l’agression pour attaquer. Les USA sont un pays récent qui a construit ses bases sur une extermination fulgurante des amérindiens et la traite des noirs. Mais ça, c’est nous aussi les Européens puisque nous avons la même origine... On ne peut pas juger un peuple, il se compose d’autant d’individus différents et si proches à la fois. L’Etat américain est par contre, comme les autres états, un état oppresseur, qui ne s’occupe que de la défense de ses intérêts propres, (l’industrie pétrolière en Irak et la prédominance internationale), conserver son siège à l’Assemblée ou son trône ; la sensation de puissance, le fric, ...
I: La décision par le gouvernement américain et monsieur Bush d'attaquer l'Irak est dans la suite logique de leur politique, "Une histoire dite par un idiot pleine de bruit et de fureur et qui ne signifie rien".

MRR : Que pensez-vous de la position pacifiste officielle de la France aujourd’hui ?
G: : La France est identique aux autres. La position de l’Etat français n’est pas pacifiste, c’est juste qu’elle ne trouve aucun intérêt dans la guerre contre l’Irak. Chirac, un pacifiste, me faite pas rire, c’est bien lui qui avait repris les essais nucléaires non ? C’est son gouvernement qui a voté des lois de sécurité intérieure extrêmement répressives, envers les immigrés, les nomades, les squatts, les jeunes, les prostituées, ... D’ailleurs l’attitude qu’a eu la France récemment en Côte d’Ivoire montre que ce n’est pas du tout un pays pacifiste. Pour le type d’affaires que la France effectue au Moyen Orient, elle a même plutôt intérêt à ce que la situation reste stable. En fait, Chirac est amoureux fou du général de Gaulle et rêve de lui ressembler. Alors, un Etat pacifiste ? C’est illusoire...
I: La France essaie de conserver de bonnes relations avec le Moyen-Orient. Tout d'abord à cause d'intérêts économiques dans la région, et aussi parce que la communauté musulmane est très importante en France, ce ne serait pas utile pour le gouvernement français de rentrer dans cette guerre, au contraire cela pourrait leur porter préjudice. Pour M. Chirac c'est aussi une bonne occasion de se confronter aux USA, comme l'avait fait De Gaulle avant lui.
T: Nous sommes toutes les trois d'accord pour dire que Chirac est un imposteur. Il est contre la guerre simplement à cause de ses intérêts : économiques, politiques et personnels, et en aucun cas à cause de son humanisme. On partage notre opposition à la guerre avec beaucoup de gens dans le monde entier, mais pas avec Chirac et son gouvernement qui n'ont rien à voir avec nos idées de respect des pauvres, et anti-discrimination. Je veux juste rajouter que bien sûr Saddam Hussein est un homme horrible, mais une guerre contre l'Irak bien avant d'atteindre Saddam Hussein va tuer beaucoup de civils qui sont déjà les victimes de leur propre gouvernement, et seront aussi les victimes d'autres gouvernements.

MRR : Pour finir, quels sont vos projets ?
I: : Reprendre les répètes, composer de nouvelles chansons et tourner très bientôt.
T: Me marier, avoir beaucoup d'enfants, arrêter de travailler ... être heureuse, quoi !
G: Mourrir sur scène.


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